Du 27 juillet au 5 août 2026, le Musée national de Yaoundé accueille la 9ᵉ édition du Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC 2026). L’événement rassemble plus de 600 artisans venus du Cameroun et de plusieurs pays africains pour présenter leur savoir-faire à travers une grande diversité de produits et de métiers. Cette édition met en avant le rôle grandissant de l’artisanat dans le développement économique du continent.
Pendant dix jours, le SIARC 2026 illustre la profonde mutation du secteur artisanal. Longtemps perçu comme un simple héritage culturel, l’artisanat est désormais présenté comme un levier d’innovation, de création d’emplois et de diversification des économies africaines. Le salon offre ainsi une vitrine aux initiatives qui associent tradition, créativité et nouvelles technologies.
Les visiteurs découvrent des créations issues de nombreux domaines, notamment le travail du bois, le textile, le cuir, la joaillerie, l’habillement, la céramique et l’agroalimentaire. Au-delà de l’exposition, les organisateurs mettent l’accent sur la professionnalisation des artisans à travers la formation, la certification, la normalisation et la numérisation, autant d’outils destinés à améliorer leur compétitivité et leur accès aux marchés nationaux et internationaux.
Selon les autorités camerounaises, l’artisanat mobilise près de 60 % de la population active. Face à ce potentiel, le gouvernement poursuit ses efforts pour structurer davantage le secteur, renforcer les capacités des artisans et favoriser leur intégration dans les chaînes de valeur. L’objectif est de faire de cette activité un véritable moteur de croissance inclusive.
Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du chef de l’État, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a rappelé que l’artisanat ne peut plus être considéré comme une simple activité de subsistance. Il a souligné qu’il constitue un espace de création, de production et d’innovation, tout en contribuant à la préservation du patrimoine culturel, à la transmission des savoir-faire et à la transformation structurelle de l’économie camerounaise.
Cette vision est largement partagée à l’échelle continentale. En Afrique, l’artisanat couvre aujourd’hui plus de 200 métiers, allant du textile à la métallurgie, en passant par la céramique, la joaillerie et l’agroalimentaire. Selon le ministre ivoirien du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Konaté Kalil, ce secteur représente entre 20 % et 35 % du produit intérieur brut de plusieurs pays africains lorsqu’est prise en compte sa composante informelle, tout en jouant un rôle essentiel dans la création d’emplois et la réduction de la pauvreté.
Pour Konaté Kalil, l’avenir de l’artisanat africain repose sur la complémentarité entre tradition et modernité. Si les savoir-faire ancestraux garantissent l’identité et l’authenticité des créations, les outils modernes, la numérisation et l’ouverture à de nouveaux marchés offrent aux artisans des perspectives de développement plus ambitieuses. Le SIARC 2026 s’inscrit ainsi comme une plateforme stratégique pour promouvoir un artisanat africain plus compétitif, innovant et tourné vers l’avenir.
En réunissant des centaines d’exposants venus de plusieurs pays africains, le SIARC 2026 confirme la place stratégique de l’artisanat dans les politiques de développement du continent. Au-delà de la valorisation des savoir-faire traditionnels, le salon met en évidence les opportunités qu’offre ce secteur en matière d’innovation, d’emploi et de croissance économique. Cette 9ᵉ édition réaffirme ainsi l’ambition du Cameroun de faire de l’artisanat un véritable levier de transformation économique et un vecteur d’intégration des artisans africains aux marchés régionaux et internationaux.

