Le secteur agricole camerounais connaît ainsi une transformation majeure. En 2025, le cacao est devenu le premier produit d’exportation du pays, devant le pétrole brut. Avec une production de 309 518 tonnes et 73 261 tonnes exportées, la filière, associée à celle de la banane, génère 31,5 % des recettes d’exportation nationales, contre 22,9 % pour les hydrocarbures. Les exportations de bananes ont, de leur côté, atteint 225 345 tonnes.
Cette progression repose en grande partie sur l’amélioration de la qualité des productions. Aujourd’hui, 42 % du cacao produit au Cameroun est certifié, tandis que 73 % des bananes destinées à l’exportation respectent les standards internationaux. Ces performances illustrent le repositionnement du pays vers une agriculture plus compétitive et davantage alignée sur les exigences du commerce mondial.
Selon Yannick Cyrille Mboba, responsable du Programme de Certification pour l’Afrique centrale au Cameroun, cette évolution résulte des efforts engagés depuis plusieurs années pour accompagner les producteurs dans l’adoption de pratiques agricoles durables. La certification contribue à renforcer la compétitivité des filières tout en améliorant leur accès aux marchés internationaux.
Cette mutation s’observe également dans les principaux bassins agricoles du pays. Depuis 2020, les zones du Dja, des Hautes Terres de l’Ouest et du Grand Mbam bénéficient de programmes dédiés à la certification et à la durabilité. D’après le rapport d’activités 2020-2025 de Rainforest Alliance, 15,5 millions de dollars, soit près de 8,9 milliards de FCFA, y ont été investis.
Dans le Grand Mbam, plus de 5,2 millions de dollars ont été consacrés à l’organisation des producteurs, au renforcement des coopératives et à la préservation des forêts. Dans les Hautes Terres de l’Ouest, les financements soutiennent le développement de systèmes agroforestiers, tandis que dans le Dja, les initiatives de relance de la cacaoculture ont permis la commercialisation de 95 tonnes de cacao au cours de l’année 2025.
À travers ces investissements, le Cameroun accélère la modernisation de son agriculture et consolide la place de ses principales filières sur les marchés internationaux. La certification apparaît désormais comme un levier stratégique pour améliorer les revenus des producteurs, préserver les ressources naturelles et renforcer la compétitivité des exportations agricoles du pays.

