Fin d’une longue période d’incarcération.
Il s’agit de la fin d’un calvaire judiciaire pour ces vingt-cinq militants, incarcérés depuis septembre 2020. L’annonce a été faite par le Collectif Sylvain Souop, structure d’assistance juridique proche du MRC, dans une lettre signée par Maître Hippolyte BT Meli, l’un des avocats du collectif.
Selon le communiqué, ces détenus « représentent les plus jeunes et les plus éprouvés des militants arrêtés et condamnés à la suite des manifestations de 2020 ».
« Leur libération, qui intervient dans un contexte de forte agitation politique, pourrait être interprétée comme un geste d’ouverture du pouvoir pour tenter d’apaiser les tensions sociales et politiques », a déclaré Maître Hippolyte BT Meli.
Une libération en deux vagues.
La première vague de libérés, intervenue le 30 octobre 2025, concerne : BAMOU Jean Evalis, DJONTU Serges, FOSSOUO Zacharie, FOUEYE Xavier, FOUMOUO DJOUMESSE Steve Jodel, TAKAM Louis Bernard, KAMDOUM Carlos, KENNE Jean Fernand, KOPWA DJENKOU Patrick, KUATCHE Jean, LONTSI NGOUFO Vitalice, POUONSI KAMDEM Emmanuel, TCHITCHOUA Jean Roger, SOP TCHEIDJOU Jules, TAMOKOUE Charles, WAFO Éric, WAMBA Jean Bosco, ZANGUE, DOUANLA Thierry et KAMNANG TCHIDA Cyrille.
La deuxième vague, prévue pour le 3 novembre 2025, comprend entre autres : SIBIAP MODJE Pierre Omer, MOMO Mathurin, NGNITEDEM André, INTIFALIA OBEN, ZANGUE Denis Ghislain et EWODO Wendelin.
Cinq ans de détention après les marches du 22 septembre 2020.
D’après la lettre signée par Maître Meli, ces militants avaient été arrêtés lors des marches pacifiques du 22 septembre 2020, organisées par le MRC pour dénoncer le climat politique et exiger des réformes électorales.
Après 44 jours de garde à vue dans divers commissariats et 14 mois de détention provisoire, ils avaient été condamnés en décembre 2021 par le Tribunal militaire de Yaoundé à cinq (5) ans de prison ferme pour « insurrection et attroupement illégal ».
Le Collectif Sylvain Souop a annoncé la tenue prochaine d’un point de presse afin de préciser les conditions exactes de leur libération et les démarches juridiques qui ont abouti à cette issue favorable.
Un geste pour apaiser les tensions ?
Bien que ces libérations coïncident avec la fin de leur peine légale, elles ne sauraient être dissociées du contexte politique explosif qui secoue le Cameroun depuis la présidentielle du 12 octobre 2025, marquée par des violences post-électorales et des condamnations internationales.
Dans ce climat tendu, cette mesure de libération apparaît pour certains observateurs comme une tentative d’apaisement politique, voire une manœuvre d’équilibre du pouvoir exécutif.
Cette décision suffira-t-elle à ouvrir la voie vers une véritable réconciliation nationale, au moment où Issa Tchiroma Bakary appelle à la résistance pacifique par l’observation de « villes mortes » sur l’ensemble du territoire ?



