La collaboration entre la Société de développement du coton (SODECOTON) et le Centre Pasteur du Cameroun franchit une nouvelle étape. Les deux institutions ont élargi leur partenariat le 16 février 2026 à Yaoundé en signant une convention portant désormais sur les analyses biologiques. Ce nouvel accord prévoit que le Centre Pasteur assure les analyses physico-chimiques des aliments et des points d’eau utilisés par la SODECOTON.
Le directeur général de la Sodecoton, Mohammadou Bayero, a précisé l’importance de ce suivi pour l’entreprise. « Nous suivons environ une centaine de points d’eau dans la zone cotonnière », a-t-il déclaré, soulignant que cette surveillance vise à garantir la santé du personnel. Il a également mentionné que l’eau employée dans les huileries nécessite elle aussi des analyses régulières.
La SODECOTON joue un rôle central dans la filière cotonnière en encadrant les producteurs dont elle achète la récolte. Tandis que les fibres sont destinées à l’exportation, les graines sont transformées localement en huile végétale de cuisson. Pour Mohammadou Bayero, l’enjeu principal réside dans la sécurisation de ce produit de consommation courante. « Nous produisons de l’huile, il faudrait que l’on s’assure que le produit que nous mettons sur le marché n’est pas nocif », a-t-il justifié, évoquant également les dix sites majeurs et quarante sites secondaires nécessitant une analyse des eaux.
Le Centre Pasteur du Cameroun se dit parfaitement outillé pour répondre à ces exigences. Son directeur général, Mirdad Kazanji, a rappelé que l’institution dispose « d’un laboratoire d’hygiène et d’environnement qui permet l’analyse de tous les produits alimentaires ». Il a détaillé le processus d’évaluation de l’huile de la SODECOTON, qui fera l’objet d’analyses « microbiologiques, biochimiques et physico-chimiques » afin de déterminer sa composition et vérifier son innocuité. « Toutes ces huiles seront analysées par le Centre Pasteur avant leur mise en marché, afin de garantir la qualité et la sécurité pour les consommateurs », a-t-il ajouté.
Si la SODECOTON possédait déjà ses propres laboratoires d’analyse au sein de ses huileries, leur directeur général reconnaît leurs limites face aux exigences actuelles. « Cela ne suffit pas », a-t-il admis, insistant sur la nécessité de se conformer aux normes internationales. « Il faut que nos inspecteurs se rassurent que nous ayons avec nous le Centre Pasteur et son accompagnement », a-t-il souligné, justifiant ainsi le recours à cet expert externe.
Cette démarche s’inscrit également dans une logique de consolidation de la responsabilité sociétale de l’entreprise (RSE) et de préservation de ses certifications internationales récemment obtenues, notamment la norme ISO 9000. Mohammadou Bayero a toutefois tenu à préciser que cette convention ne répond pas uniquement à des impératifs de certification, mais vise avant tout « la sécurité du personnel et des consommateurs ».
Sur le plan financier, la convention dont les détails ont été consultés par Investir au Cameroun prévoit un coût pouvant atteindre 3,2 millions de FCFA pour les analyses des eaux de la SODECOTON. Par ailleurs, le Centre Pasteur continue d’assurer les analyses biomédicales du personnel, une prestation déjà existante dont 75 % des frais sont pris en charge par l’entreprise.
Ce partenariat élargi marque ainsi une volonté commune de garantir des standards sanitaires élevés, tant pour les employés de la SODECOTON que pour les consommateurs de son huile, tout en renforçant la crédibilité de l’entreprise sur les marchés nationaux et internationaux.



