Le Cameroun a fait un grand pas en avant le 15 septembre 2025 en signant la version mise à jour de la Charte africaine du transport maritime. Le pays était en effet le dernier du continent à ne pas avoir adhéré à cet accord important de l’Union africaine. Le but de cette charte est de mieux sécuriser les voies maritimes, de combattre la piraterie et de faciliter les échanges commerciaux entre les pays membres. C’est une avancée cruciale pour le Cameroun, dont le commerce maritime pesait plus de 13 milliards de dollars en 2023, selon la CNUCED.
La présente charte, adoptée en 2010, se substitue à la version antérieure en vigueur depuis 1993. Cette révision était rendue nécessaire par l’évolution des enjeux du transport maritime sur le continent. Elle a pour vocation d’inscrire les échanges commerciaux africains dans le cadre stratégique de l’Agenda 2063 de l’Union africaine et, plus spécifiquement, de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont le Cameroun est signataire.
En signant cet accord, le Cameroun vise à consolider son rôle sur les routes maritimes mondiales et à garantir un cadre sécurisé aux investisseurs. Cette charte encourage une collaboration renforcée entre les nations africaines pour combattre la piraterie, moderniser les infrastructures portuaires et fluidifier le commerce. Le déficit commercial du pays s’est accentué en 2023, les importations (8,12 milliards de dollars) dépassant largement les exportations (4,93 milliards). Dans ce contexte, cette ambition est vitale, mais sa concrétisation présente d’importants défis.
Ce cadre réglementaire a pour objet de répondre à des défis stratégiques fondamentaux, que sont la sécurité maritime incluant la lutte contre la piraterie et le terrorisme et la préservation de l’environnement. Parallèlement, il vise à renforcer la connectivité logistique par la création de corridors multimodaux vers les pays enclavés et à stimuler les investissements.
Grâce à ses ports stratégiques de Douala et Kribi, véritables portes d’entrée vers l’Afrique centrale, le Cameroun a tous les atouts pour s’imposer comme un hub logistique de premier plan. Cette adhésion est une opportunité unique pour dynamiser son commerce maritime, renforcer sa compétitivité et saisir une part plus importante des échanges intra-africains.



