Le PAD engage ainsi un vaste programme chiffré à 628 milliards de francs CFA, destiné à moderniser et à automatiser sur le plan énergétique l’ensemble de ses équipements et systèmes. Ce projet prévoit notamment l’édification d’une centrale électrique de 300 MW et la mise en place d’un gazoduc entre Kribi et Douala.
Cette initiative d’envergure est rendue possible par une convention signée avec Douala Port Power Corporation S.A. Il s’agit d’un chantier majeur qui dotera la place portuaire d’un dispositif autonome de production et de distribution d’électricité, marquant une avancée décisive dans le processus d’industrialisation du littoral camerounais.
Au-delà de la simple modernisation des infrastructures existantes, le projet poursuit un objectif d’indépendance stratégique. Dans un environnement où la fiabilité de l’approvisionnement énergétique constitue le principal point faible des industries, le PAD opte pour une sortie progressive de la dépendance au réseau national afin d’assurer une continuité opérationnelle permanente, 24 heures sur 24.
La structuration financière et technique du contrat de type Engineering, Procurement and Construction (EPC) met en lumière un renforcement de la coopération sino-camerounaise. Le financement, organisé avec l’appui de l’État chinois et de la CMC (Genertec CMC), repose localement sur CCA Bank, désignée chef de file.
Ce schéma, mis en œuvre sous la forme d’un Partenariat Public-Privé (PPP) de type B.O.T (Build-Operate-Transfer), garantit non seulement la réalisation des infrastructures, mais également leur exploitation et leur maintenance avant leur transfert définitif au patrimoine portuaire.
Sur le terrain, les entreprises chinoises Genertec CMC et CEEC (Energy China) assureront la conduite des travaux, sous la supervision de JD Group en qualité d’ingénieur conseil. Cette alliance de compétences internationales illustre la volonté de positionner le PAD comme un hub logistique de rang mondial, capable de rivaliser avec les ports les plus performants du continent.
Le chronomètre est désormais enclenché. Le lancement des travaux est annoncé pour mars 2026, avec une durée d’exécution estimée à 36 mois. La transformation complète du paysage énergétique du port est attendue d’ici le premier trimestre 2029.
Pour les acteurs économiques, les retombées s’annoncent immédiates : baisse des coûts d’exploitation liés aux interruptions d’activité, amélioration de la conservation des produits périssables sous chaîne de froid et optimisation des rythmes de manutention.
Au-delà des bénéfices directs, c’est l’attractivité du Cameroun en tant que destination privilégiée des investissements directs étrangers (IDE) qui s’en trouve consolidée. En faisant le choix de l’autonomie énergétique, le Port Autonome de Douala ne se limite plus à son rôle de porte d’entrée du pays ; il s’affirme désormais comme un levier central d’une nouvelle dynamique de croissance pour l’ensemble de la sous-région.



