La Filière Banane-Plantain du Cameroun (FBPC) ambitionne de mobiliser jusqu’à 150 milliards de FCFA afin de renforcer la structuration et le financement de la chaîne de valeur banane-plantain. Ce montant, présenté par les promoteurs du projet comme une cible de financement sur le marché financier régional, s’inscrit dans une volonté de faire évoluer la filière vers un modèle davantage industrialisé. La Bourse des Valeurs Mobilières de l’Afrique Centrale (BVMAC) a par ailleurs déjà engagé des échanges avec la FBPC autour des solutions de financement que peut offrir le marché régional.
Le projet intervient alors que les acteurs de la filière cherchent à accroître la production et la valorisation du banane-plantain au Cameroun. Les autorités affichent notamment l’ambition d’augmenter fortement la production à l’horizon 2030, tandis que la FBPC travaille à une meilleure organisation des producteurs et au développement de nouvelles possibilités de financement. En juin 2026, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbairobe, avait notamment remis des kits d’amorçage agricole à 500 étudiants engagés dans la production de banane-plantain.
La prochaine étape annoncée est prévue à Messamena, dans la région de l’Est, le 25 septembre 2026. Selon les informations disponibles, cette activité doit notamment donner lieu à la remise de 25 000 vitroplants à haute valeur génétique à des étudiants. Cette opération s’inscrit dans les actions engagées pour favoriser la diffusion de matériel végétal amélioré et renforcer la production de banane-plantain.
Sur le volet financier, le principe d’un recours au marché régional est donc bien engagé dans les discussions, mais les modalités définitives de l’opération restent à préciser. La BVMAC indique avoir travaillé avec la FBPC sur la vulgarisation de ses solutions de financement auprès des acteurs des filières agropastorales. Son rapport annuel 2025 fait également état de cette collaboration avec la FBPC. Il convient toutefois de distinguer cette démarche préparatoire d’une éventuelle introduction en Bourse ou d’une levée de fonds déjà approuvée.
Au-delà du financement, l’enjeu porte sur la transformation de la production locale. La filière entend notamment développer davantage les activités de transformation et la commercialisation de produits dérivés du banane-plantain, dans l’objectif d’accroître la valeur ajoutée créée au Cameroun. Cette orientation rejoint les politiques publiques d’import-substitution et de promotion de la transformation locale des productions agricoles.
La cible de 150 milliards de FCFA constitue ainsi, à ce stade, une ambition de financement portée par les acteurs de la filière plutôt qu’une opération financière définitivement arrêtée. Les éventuelles modalités de constitution du capital, le nombre d’actions, leur valeur nominale et le calendrier d’une éventuelle cotation devront encore être précisés et validés par les instances compétentes. Si elle se concrétise, cette démarche pourrait néanmoins ouvrir une nouvelle voie de financement pour la filière banane-plantain et accompagner son développement vers davantage de transformation et d’industrialisation.



