À l’occasion de la célébration de la Journée internationale des familles, commémorée chaque 15 mai, la Commission des droits de l’homme du Cameroun a rappelé l’importance centrale de la famille dans la construction des sociétés et dans le développement social. L’institution souligne que cette reconnaissance remonte aux années 1980, lorsque l’Organisation des Nations Unies avait placé la famille au cœur des politiques sociales internationales. Cette dynamique avait conduit à la proclamation de l’Année internationale de la famille en 1994, ainsi qu’à l’institution officielle de cette journée mondiale par l’Assemblée générale des Nations Unies.
Pour l’édition 2026, le thème retenu par les Nations Unies, « Familles, inégalités et bien-être des enfants », a été salué par la Commission. Selon elle, cette orientation met en évidence les conséquences des inégalités sociales sur la stabilité des familles et sur l’épanouissement des enfants. La Commission estime que ces défis exigent des politiques publiques fortes, cohérentes et centrées sur la protection de la cellule familiale afin de garantir l’égalité des chances et un meilleur avenir pour les plus jeunes.
Dans cette perspective, la Commission rappelle que la promotion du bien-être familial doit s’inscrire dans une approche fondée sur les droits humains et les Objectifs de développement durable. Elle insiste sur la nécessité de lutter contre les discriminations liées au genre, à l’origine sociale, au handicap ou encore au statut migratoire. Pour l’institution, seul un environnement équitable et inclusif peut permettre aux enfants de grandir dans des conditions favorables à leur développement physique, psychologique et social.
La Commission a également rappelé que la protection de la famille est consacrée par la Constitution camerounaise du 18 janvier 1996. Le préambule du texte fondamental affirme en effet que « la Nation protège et promeut la famille, base naturelle de la société humaine ». Une disposition qui, selon la Commission, engage non seulement l’État, mais également les collectivités territoriales décentralisées, les autorités traditionnelles, les partis politiques, les organisations de la société civile et les parents eux-mêmes.
Dans le cadre de ses actions de sensibilisation et de protection des droits liés au mariage et à la parentalité, la Commission dit avoir multiplié les initiatives à travers son siège et ses antennes régionales. Elle cite notamment l’atelier organisé à Ébolowa les 6 et 7 août 2025 par l’association Wake Up Ladies, en collaboration avec l’Association pour la valorisation de la femme. Cette rencontre, placée sous le thème du rôle des hommes dans la lutte contre les violences basées sur le genre, avait permis de sensibiliser les participants à l’importance de comportements responsables favorisant l’équilibre et la stabilité des familles.
Par ailleurs, la Commission se dit vivement préoccupée par la recrudescence des violences intrafamiliales au Cameroun. Elle dénonce l’augmentation des violences physiques, sexuelles, psychologiques et économiques qui touchent particulièrement les femmes et les enfants. L’institution s’inquiète notamment de la multiplication des violences sexuelles sur mineurs, des féminicides, des infanticides ainsi que des actes de violence conjugale d’une extrême brutalité, qui portent gravement atteinte à la dignité et à l’intégrité des victimes.
Enfin, la Commission attire l’attention sur plusieurs facteurs qui fragilisent davantage les familles camerounaises et africaines. Elle évoque notamment les déplacements forcés de populations, les migrations irrégulières, l’exode rural et les conflits armés qui exposent les enfants à la violence, à l’exploitation et à la traite humaine. L’institution dénonce également les effets de la corruption, considérée comme un obstacle majeur à l’accès équitable aux services sociaux destinés aux familles.

