Au siège du Groupement des Entreprises du Cameroun, à Douala, le 27 août, une centaine de Bayam-Sellam ont pris part à une conférence consacrée à la professionnalisation de leur activité. La rencontre était placée sous le thème : « Protéger la femme Bayam-Sellam pour une économie nationale durable et inclusive ».
Cette initiative, organisée dans le cadre de la « Voix des Femmes Agape Foods and Drink », visait à renforcer les capacités des participantes et à apporter des réponses concrètes aux difficultés qui affectent leur activité. La productivité, la formalisation et l’accès au financement figuraient notamment parmi les principaux sujets abordés.
Au Cameroun, les Bayam-Sellam occupent une place importante dans l’approvisionnement des marchés. À travers la commercialisation des produits vivriers, elles assurent le lien entre les producteurs, les grossistes, les marchés et les consommateurs, tout en faisant vivre de nombreuses familles.
Mais malgré leur rôle dans l’économie nationale, ces commerçantes restent confrontées à plusieurs difficultés. Les coûts élevés du transport, les pertes de marchandises, les faibles revenus et les difficultés d’accès au financement constituent autant d’obstacles qui limitent le développement de leurs activités.
Les participantes ont également été sensibilisées aux avantages de la formalisation. Les échanges ont porté sur les incitations fiscales, les facilités d’enregistrement ainsi que les différents programmes destinés à renforcer les capacités entrepreneuriales des femmes.
La question de la protection sociale a, elle aussi, été mise en avant au cours de la rencontre. Cyrille Djammen Mbakop, président de l’AGAPE et expert en économie, a notamment insisté sur l’importance pour les Bayam-Sellam de préparer leur avenir et de penser à leur retraite, au-delà des charges quotidiennes et familiales.
Ces préoccupations s’inscrivent dans un contexte où le secteur informel demeure largement dominant au Cameroun. Selon la troisième Enquête sur l’Emploi et le Secteur Informel de l’Institut national de la statistique, 86,6 % des personnes en emploi travaillent dans le secteur informel, soit plus de huit travailleurs sur dix. L’informel non agricole représente 52 % des emplois, contre 34,7 % pour l’informel agricole.
Dans cette économie, le commerce représente 48,8 % du chiffre d’affaires des unités de production informelles. Pourtant, 95,7 % de ces unités ne disposent pas de numéro de contribuable et 99,5 % ne sont pas affiliées à la CNPS. La sensibilisation menée à Douala apparaît ainsi comme une étape vers une meilleure structuration de l’activité des Bayam-Sellam et une participation plus durable et inclusive à l’économie nationale.

