Au Cameroun, l’amélioration du climat des affaires s’impose comme une condition essentielle à la croissance des investissements, au développement du secteur privé et à l’industrialisation. À Douala, la douzième édition du Cameroon Business Forum (CBF), organisée les 22 et 23 octobre 2026, a remis au centre des discussions les réformes nécessaires pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale. Les pouvoirs publics et les opérateurs économiques entendent notamment mieux préparer les entreprises camerounaises aux opportunités commerciales offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Placée sous la présidence du Premier ministre, Joseph Dion Ngute, cette rencontre s’est tenue autour du thème : « ZLECAf et transformation productive : quelles réformes pour faire du Cameroun un pôle industriel et commercial majeur en Afrique ? ». Elle a rassemblé près de 300 participants issus des administrations publiques, du secteur privé, des organisations patronales et des partenaires techniques et financiers. Après six années d’interruption, la reprise du forum traduit la volonté de relancer le dialogue entre l’État et les entreprises afin de trouver des solutions aux obstacles qui limitent le développement des activités économiques.
Au cœur des échanges figurait la nécessité de rendre l’environnement économique plus favorable à l’investissement. La simplification des procédures administratives, la réduction des obstacles au commerce et l’amélioration des mécanismes de concertation entre les pouvoirs publics et les entreprises constituent des axes majeurs des réformes envisagées. Pour le gouvernement, l’enjeu est de transformer les recommandations formulées par les acteurs économiques en mesures concrètes, susceptibles de faciliter les activités des entreprises et d’améliorer leur capacité à investir, produire et créer des emplois.
Les difficultés liées aux échanges commerciaux ont également occupé une place importante dans les travaux. La complexité de certaines procédures douanières, les obstacles aux transactions transfrontalières et l’application des règles d’origine de la ZLECAf figurent parmi les questions examinées. La levée de ces contraintes pourrait faciliter la circulation des marchandises entre les pays africains et permettre aux entreprises camerounaises d’accéder plus facilement à de nouveaux débouchés. La performance des infrastructures de transport et de la chaîne logistique demeure également déterminante pour réduire les coûts et améliorer les délais d’acheminement des produits.
Le financement de l’économie et de l’industrialisation constitue un autre défi majeur. Les entreprises, notamment les petites et moyennes entreprises (PME), ont besoin de ressources suffisantes pour moderniser leurs équipements, augmenter leurs capacités de production et répondre aux exigences des marchés. Les discussions ont ainsi porté sur les moyens de faciliter le financement du commerce, de soutenir l’entrepreneuriat et de promouvoir l’innovation. L’accompagnement des jeunes entrepreneurs et des femmes dans la création et le développement de leurs activités figure également parmi les pistes examinées pour élargir la participation au développement économique.
Pour tirer pleinement profit de la ZLECAf, le Cameroun doit aussi renforcer sa capacité à transformer localement ses ressources. L’augmentation de la production nationale, le développement des chaînes de valeur industrielles et la promotion de l’import-substitution peuvent contribuer à réduire la dépendance aux produits importés et à accroître la valeur ajoutée créée dans le pays. Cette orientation suppose toutefois des investissements dans les infrastructures, l’énergie, les équipements de production et les compétences professionnelles. Elle nécessite également un environnement suffisamment stable pour encourager les entreprises à engager des investissements sur le long terme.
Au terme des travaux, la question du suivi des recommandations s’est imposée comme un enjeu central. Le président du Groupement des entreprises du Cameroun (GECAM), Célestin Tawamba, a notamment plaidé pour un nombre limité de recommandations, chacune assortie d’un responsable, d’une échéance et d’un indicateur de résultat, ainsi que pour la présentation d’un bilan public dans les six mois. De son côté, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de propositions réalistes et opérationnelles, en annonçant un suivi rigoureux de leur mise en œuvre. Ces engagements visent à renforcer l’efficacité du dialogue public-privé et à éviter que les conclusions du forum restent sans effets concrets.
Au-delà de cette douzième édition, la capacité du Cameroun à améliorer son climat des affaires dépendra donc de l’application effective des réformes annoncées. La maîtrise des coûts de production, l’accès au financement, la simplification des formalités et la facilitation des échanges constituent des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité des entreprises. Dans un marché africain appelé à offrir de nouvelles perspectives commerciales, les progrès réalisés sur ces différents fronts seront déterminants pour attirer les investisseurs, stimuler la production locale et faire de l’industrialisation un moteur durable de croissance économique.

