Le 24 octobre 2025, en marge des réunions d’automne du Fonds monétaire international (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale, les discussions organisées dans le cadre du Caucus africain ont mis en avant le potentiel énergétique du Cameroun. À cette occasion, la délégation camerounaise, conduite par le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, a réaffirmé l’ambition du pays d’élargir sa base énergétique afin de favoriser l’investissement et de soutenir la croissance économique régionale.
Cette orientation s’inscrit dans un contexte de mobilisation importante des financements destinés au développement du pays. En avril 2025, le portefeuille de la Banque mondiale au Cameroun était évalué à 4,5 milliards de dollars, contre 3,7 milliards de dollars en avril 2023, soit une progression de 21 % en deux ans. Sur cette enveloppe, environ 2,3 milliards de dollars étaient consacrés aux secteurs de l’énergie et des transports, qui représentent près de la moitié des engagements annoncés.
Le renforcement des infrastructures énergétiques constitue un enjeu majeur pour l’économie camerounaise. Un approvisionnement plus régulier en électricité pourrait améliorer les conditions de production des entreprises, limiter les interruptions d’activité et encourager le développement de nouvelles unités industrielles. Il contribuerait également à favoriser la transformation locale des matières premières, avec des retombées potentielles sur la création d’emplois et la valeur ajoutée nationale.
À l’échelle régionale, les ressources énergétiques du Cameroun et sa position géographique lui offrent des possibilités de coopération avec les pays voisins. Le développement des capacités de production et des réseaux de transport d’électricité pourrait ainsi soutenir les échanges énergétiques en Afrique centrale. La concrétisation de cette perspective dépend toutefois de la réalisation des projets, de la disponibilité des infrastructures et de la mise en place de mécanismes de coopération efficaces.
Toutefois, la mobilisation des financements ne garantit pas automatiquement des résultats sur le terrain. La capacité à exécuter les projets, à accélérer les décaissements et à améliorer la gestion des infrastructures demeure déterminante. Les autorités camerounaises et leurs partenaires doivent donc veiller à ce que les engagements financiers se traduisent effectivement par des équipements opérationnels et une amélioration durable de l’accès à l’électricité.
Pour le Cameroun, le défi consiste désormais à convertir son potentiel énergétique en avantage économique concret. L’amélioration de l’approvisionnement électrique, le développement des infrastructures et la bonne exécution des investissements seront essentiels pour renforcer la compétitivité des entreprises et soutenir l’industrialisation. C’est à travers ces résultats que le pays pourra consolider son ambition de devenir un moteur de croissance en Afrique centrale.

