À mi-parcours du DSP, la BAD avait approuvé huit nouvelles opérations pour un montant de 833,8 milliards de FCFA, soit 1,27 milliard d’euros. Ces financements représentent près de 70 % des ressources initialement prévues pour l’ensemble de la stratégie. Le portefeuille actif du Groupe de la BAD au Cameroun compte désormais 30 opérations, pour un montant total de 2 149,89 milliards de FCFA, soit 3,28 milliards d’euros.
Les interventions de la Banque sont principalement concentrées dans les transports, qui représentent 53,83 % du portefeuille, l’énergie avec 22,32 %, l’agriculture avec 10,8 % et le secteur social avec 9,19 %. Elles ont notamment contribué à la construction et à la réhabilitation de plus de 570 kilomètres de routes, à la mise en service du barrage de Nachtigal d’une capacité de 420 MW, ainsi qu’au développement d’infrastructures rurales. Les projets soutenus devraient également générer plus de 14 500 emplois directs, particulièrement en faveur des jeunes et des femmes.
La performance du portefeuille s’est par ailleurs améliorée au cours de la période. Selon la BAD, la proportion des opérations classées en alerte rouge est passée de 48 % à fin février 2026 à 26 % à mi-juillet 2026, se rapprochant de l’objectif institutionnel de 25 %. Les deux parties reconnaissent toutefois la nécessité de poursuivre les efforts, notamment sur les procédures de passation des marchés, la mobilisation des fonds de contrepartie, les délais d’obtention des avis de non-objection et la gestion fiduciaire.
La question du financement demeure également au cœur du dialogue. Lors des 61es Assemblées annuelles de la BAD, tenues du 25 au 29 mai 2026 à Brazzaville, le ministre camerounais de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a annoncé l’intention du gouvernement de solliciter auprès de la BAD un appui budgétaire indicatif de 200 millions d’unités de compte. Cette enveloppe doit accompagner les efforts de résilience économique du Cameroun face aux conséquences de la crise au Moyen-Orient.
La revue du portefeuille a également fait ressortir un enjeu lié à la célérité des procédures. La BAD et le gouvernement camerounais ont souligné l’urgence d’accélérer la signature des accords de financement et les décaissements afin d’éviter l’annulation de certains projets. Près de 265 milliards de FCFA de financements sont potentiellement concernés par ce risque en cas de persistance des retards.
À travers le DSP 2023-2028, la BAD concentre son intervention sur deux axes le développement des infrastructures au service de l’agro-industrialisation, d’une part, et le renforcement du capital humain et de la gouvernance, d’autre part. À mi-parcours, Yaoundé et l’institution panafricaine affichent ainsi leur volonté d’accélérer l’exécution des projets, d’améliorer leur impact sur les populations et de soutenir davantage la transformation économique du Cameroun.

