Le Conseil constitutionnel a débuté ce lundi 4 août 2025 l’analyse des 35 requêtes dans le cadre du contentieux pré-électoral. Sous la présidence de Clément Atangana, la juridiction est appelée à se prononcer sur les requêtes introduites.
Des requêtes parmi lesquelles figure celle de monsieur Léopold BESSIPING, président national du parti RFERE (Rassemblement des Forces Écologiques pour la Relance de l’Économie).
Face au Conseil constitutionnel.
Sans avocat, Léopold BESSIPING s’est présenté devant le Conseil constitutionnel pour défendre sa candidature à l’élection présidentielle 2025 et faire valoir, par la même occasion, sa requête.
Prenant la parole, Léopold BESSIPING a commencé par paraphraser en quelque sorte la fonction d’Elecam : « Le rôle d’Elecam est de recevoir les dossiers et de vérifier s’il y a ou pas une pièce qui manque. Ils m’ont ainsi remis la liste des pièces à fournir. »
La candidature de monsieur BESSIPING a été rejetée à cause de sept pièces manquantes, dont celle attestant le versement des 30 millions de FCFA que ce dernier a qualifié de « nerf de guerre ». Car pour lui, il est clair qu’un dossier sans argent ne représente pas grand-chose.
Concernant donc les 30 millions, et tentant de se justifier, il a déclaré : « J’ai été sinistré. Et ça c’est le lieu de le dire. J’ai vécu une suspension de solde qui a bien duré et est injuste. Je suis fonctionnaire et j’ai pris le risque de créer un parti, le RFERE, Rassemblement des Forces Écologiques pour la Relance Économique. Situation injuste. Tout simplement. »
Répondant à cela, monsieur Clément Atangana a déclaré, je cite : « On relève que votre requête n’a pas respecté la forme normale prévue par le code électoral, à savoir l’article 30 qui stipule que la requête doit préciser les faits et les moyens. Votre requête ne présente pas les règles de forme, raison pour laquelle le recours est irrecevable. »
Des propos qui ont clos directement la plénière de monsieur BESSIPING qui, par la suite, s’est retiré de la salle.
La suspension de solde.
Au Cameroun, la suspension de solde designe l’arrêt temporaire du versement du salaire d’un fonctionnaire ou agent public par l’État. De ce fait, l’intéressé ne perçoit plus son salaire pendant une période donnée, tant que la suspension est en vigueur.
Les raisons courantes de suspension de solde sont entre autres : l’abandon de poste ou absence prolongée non justifiée, la sanction disciplinaire, le retard dans la transmission ou régularisation d’un acte administratif, une erreur administrative ou dossier incomplet et une oute sur la régularité du recrutement ou de la situation administrative (fraude, diplômes, etc.)
Une fois les faits constatés, le fonctionnaire cesse de recevoir son salaire et perd de nombreux avantages comme les primes ou les indemnités. Cette situation peut durer des mois, voire des années, si la situation n’est pas régularisée
Le cas de monsieur Léopold BESSIPING : L’histoire de sa suspension de solde.
« J’étais donc en train de signaler que j’ai été sinistré. Parce qu’ils m’ont suspendu de solde injustement et ils m’ont rétabli tardivement. Ce qui fait que ça m’a pratiquement ruiné. Et puisque c’était un abus, j’ai porté plainte au tribunal de Foundi contre madame la ministre des Enseignements secondaires pour abus. Pas seulement, il y a plusieurs autres motifs » a-t-il déclaré via une interview.
Des propos qui forcent la compassion envers ce fonctionnaire aguerri qui se plaint d’une injustice salariale depuis le dépôt de sa candidature pour la présidentielle de 2025.
« Je suis en fonction à l’Ouest, à Penka Michel. J’ai fait 20 ans dans une maison, et un beau matin, le bailleur se lève et décide de me brûler. Dieu me sauve de justesse et je m’échappe. Quand on juge l’affaire, on lui demande les motifs de son acte. Il me répond que je suis le président national d’un parti. Ici, les autres hommes politiques m’ont dit de vous brûler. C’est donc comme ça que je quitte Penka Michel pour aller m’installer dans un hôtel chez moi à Bandjoun. J’ai fait dix mois. Je quitte donc Bandjoun pour aller travailler à Penka Michel.
« On affecte donc par la suite un jeune proviseur à Penka Michel. Tout ce qu’il a fait en arrivant, c’est me suspendre de solde, comme s’il avait été envoyé pour moi. Il arrive, il prend fonction en décembre 2020, et en novembre 2021, je suis surpris qu’on m’a suspendu de solde. Je vais dans ma banque pour demander les listings bancaires afin de pouvoir comprendre la situation. On me sort mon listing bancaire et on me dit que je suis sans salaire depuis cinq mois. On me recommande de monter à Yaoundé, au Trésor, pour m’enquérir de la situation. Quand j’arrive à Yaoundé, je dors. Le lendemain, quand je veux sortir, le proviseur me dit que le sous-préfet a laissé une lettre au secrétariat. Je demande de quoi il s’agit, il ne me répond pas. Je vais au Trésor, on m’envoie au ministère. Là-bas, on me notifie donc que j’ai été suspendu de solde. » a-t-il déclaré.
Une supplication, un cri désespéré, une lamentation face à l’injustice. Monsieur BESSIPING ne comprend pas sa situation. Un tel préjudice peut-il trouver réparation ? Nous l’espérons.



