Contexte de la crise.
La crise anglophone prend naissance dans des revendications corporatistes d’enseignants et d’avocats en 2016, qui dénoncent la marginalisation des régions anglophones dans un État majoritairement francophone.
Très vite, les protestations pacifiques subissent une répression violente, ce qui favorise le déclenchement du conflit. En réaction, les séparatistes élèvent le niveau de violence, poussant l’armée à redoubler d’intensité dans la répression. La violence atteint alors son paroxysme. Les populations se retrouvent piégées dans un traquenard.
Des exactions meurtrières.
Ces derniers, soutenus par plusieurs personnalités comme Julius Ayuk Tabe, président autoproclamé de l’Ambazonie, et Siddharth, leader du mouvement séparatiste, mènent des actions visant à mettre à genoux l’économie du NOSO. Ils instaurent des villes mortes (Ghost Town) et mènent une guerre farouche contre les forces armées, étant financés à cet effet.
En 2018, après l’arrestation de Julius Ayuk Tabe et d’autres leaders du mouvement, les séparatistes se livrent à des prises d’otages à outrance et à des meurtres de plus en plus sanglants, dans le but d’effrayer l’ennemi (l’armée) ainsi que les populations. Des exécutions publiques sont pratiquées afin de servir d’avertissement à tout dissident.
L’entrée en jeu des milices pro-gouvernementales.
Les prises d’otages incluent des ressortissants de la zone. Toute personne affiliée au gouvernement (fonctionnaire, informateur, etc.), une fois découverte, est exécutée. Les populations du NOSO ne se sentent plus en sécurité à cause des actes des Amba Boys. Hommes, femmes, enfants : tout le monde est touché par la guerre.
C’est donc au milieu de ce conflit que des milices pro-gouvernementales émergent et s’invitent dans le combat. Ces dernières affrontent les séparatistes au nom de l’unité nationale. Elles traquent les ambazoniens, les informateurs et les voleurs affiliés aux séparatistes.
« Les informateurs sont des gens du peuple qui partagent des informations avec les ambazoniens. Ils sont pires que les ambazoniens. Après capture, les milices pro-gouvernementales les livrent aux forces armées pour enquête », déclare un leader d’une milice pro-gouvernementale.
Milices pro-gouvernementales : Qui sont-elles ?
Ces milices pro-gouvernementales se composent de civils, souvent recrutés localement, armés et parfois formés de manière informelle, dans le but de « protéger leur communauté » contre les séparatistes et les exactions de l’armée. Liées parfois à des intérêts économiques locaux, ces milices s’avèrent cruciales pour la survie des populations.
Elles permettent des évacuations, des arrestations, et surtout des retours en famille pour des victimes de captivité. La formation de ces milices est-elle légitime ? Leurs exploits ne peuvent être occultés. Mais des zones d’ombre subsistent quant à leur légitimité.
Notons que l’implication des milices pro-gouvernementales dans la guerre du NOSO illustre l’extrême complexité du conflit. Loin de se limiter à une confrontation entre l’armée et les séparatistes, il révèle des dynamiques locales qui mobilisent les populations elles-mêmes, victimes de cette guerre.
Cependant, des questions demeurent : Quelle loi encadre la formation des milices pro-gouvernementales ? Et s’il se formait des milices contre les milices, que deviendrait la société ?



