Sur le réseau social X, le président de la Commission des affaires étrangères du Sénat américain, l’honorable Jim Risch, a publié un message virulent à l’encontre du régime de Yaoundé, dans lequel il tance directement Paul Biya, président fraîchement réélu à la tête du Cameroun.
Une déclaration lourde de sens.
Le sénateur républicain, dans sa publication, accuse très ouvertement les gouvernants camerounais d’avoir organisé une élection tronquée et de favoriser de surcroît un climat d’oppression politique.
« Le régime corrompu de Biya au Cameroun persécute ses opposants politiques, couvre les activités illicites de Wagner et a créé un contexte propice à l’essor de groupes djihadistes comme Boko Haram et Daech, alimentant ainsi la crise anglophone. Ce régime a organisé une mascarade de réélection et a illégalement détenu des citoyens américains, y compris originaires de l’Idaho », peut-on lire dans le post du sénateur Jim Risch.
Le sénateur, membre du parti républicain, a poursuivi en affirmant que le Cameroun ne serait plus un partenaire fiable pour les États-Unis. « Le Cameroun n’est pas un partenaire des États-Unis et représente un risque économique et sécuritaire pour le peuple américain. Il est temps de réévaluer cette relation avant que la situation ne s’aggrave », lit-on.
Des accusations qui embarrassent Yaoundé.
Cette sortie du sénateur Jim Risch, haut responsable du Congrès américain, intervient quelques jours seulement après la proclamation des résultats de la présidentielle du 12 octobre dernier par le Conseil constitutionnel, qui ont vu la réélection de Paul Biya pour un huitième mandat, avec 53,66 % des voix.
Des résultats empreints de contestation venant d’Issa Tchiroma Bakary, candidat du FSNC, arrivé officiellement deuxième avec 35 %, qui a rejeté ces résultats et s’est autoproclamé président élu depuis le Nigéria, où il serait réfugié.
Issa Tchiroma Bakary a ensuite initié « les villes mortes », une démarche de protestation pacifique qui continue d’internationaliser les manifestations post-électorales au Cameroun.
À ce jour, suivant de très près la situation, Washington semble vouloir mettre la pression sur Yaoundé afin de trouver rapidement des solutions au mal-être politique qui ronge le pays dans le silence.



